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C’est facile de faire en sorte que les gens t’aiment.

Quand on est jeune, on fonde souvent ses relations sur la « valeur perçue ».

Les groupes d’amis ont tendance à cohabiter en fonction de l’attrait général (attractivité globale) de chacun, en d’autres termes en fonction d’une « monnaie sociale » que chaque individu représente. A quel point chaque personne est « cool ».

Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose, mais je trouve que dans les écoles, lycées, le moment du repas illustre bien la situation. Avez-vous déjà prêté attention au positionnement des tables et la façon dont les groupes d’élèves s’y installent. Les « bandes » de potes sont bien délimitées, et c’est comme si les élèves qui extérieurement se ressemblent, gravitent les uns vers les autres.

Certains midis, le hasard de la répartition (ou peut-être pas) vient même, jusqu’à révéler un phénomène étrange : les tables aux extrémités du self, étaient souvent les moins grandes et étaient habitées par les gens, soi-disant, moins cool, et au milieu de cette grande pièce, sur les grandes tables les élèves les plus populaires, les « plus cool », à la vue de tous.

Ou bref si vous n’avez rien connu de tout ça, bien qu’exagéré dans ces cas, vous pouvez très bien imaginer ça en voyant une scène de cafétéria dans ces films américains.

Par exemple regardez le plan de la cafétéria dans le film “Mean Girls” 

voici la scène de la caféteria mean girls (en anglais)

meangirls cafeteria


Ce n’est pas vraiment de votre faute que vous ayez grandi en pensant que les gens voudraient sortir avec vous seulement en fonction de votre attractivité, « coolitude », de votre capacité à être aimé par les autres. Dans un sens, vous n’avez pas entièrement tort.

Cependant, trop de gens continuent de baser leurs relations sur cette valeur perçue, et cela même à l’âge adulte. Pour ces personnes cela est toxique. C’est souvent un problème aussi, car au fur et à mesure que l’on grandit nos besoins évoluent.

Il n’est simplement pas possible de désirer avoir une relation de proximité ou plus forte, et plus engageante, si l’on en a la même approche des relations que celle du lycée ou du collège. C’est-à-dire les simples liens de copinages scolaires, servant à se valoriser dans la pyramide sociale. Or au plus on grandit, plus on semble vouloir tendre vers des relations plus engageantes.

Et on a déjà compris les préceptes de ces relations, même si cela s’est fait de manière plus ou moins consciente. Nos meilleurs amis, par exemple : ces relations sont en fait construites dans un sens, et dans un sens seulement : à travers des expériences partagées. Des personnes avec qui au travers du temps on ose être nous-mêmes et abandonner l’idée de la valeur sociale, pour celle d’une amitié sincère.

« Pour être digne d’amour, nous devons simplement nous montrer, nous montrer par amour. »

1) Notre problème :

Quand on grandit, on est de plus en plus conscient de nous et de nos défauts. Et ce n’est pas comme quand on était petit, où on pouvait les oublier plus facilement. Mais il ne s’agit peut-être pas d’oublier ses défauts, mais plutôt de les accepter. Nous ne pourrons aller bien loin si nous ne le faisons pas, semble-t-il… Quelques précisions apparaissent néanmoins nécessaires.

Accepter ses défauts :

Ce n’est pas une excuse qui acte le fait de ne pas pouvoir changer quelque chose, sous prétexte qu’il s’agit d’un de nos défauts.

Ce dont je parle c’est :

Accepter les défauts qu’on ne peut changer

Il est simplement difficile d’être soi-même si on n’accepte pas ses défauts.

Généralement, on accepte nos défauts comportementaux (ex : jalousie) même s’ils nous font souffrir car on pense ne pas pouvoir les changer.

Et d’un autre côté, on a du mal à accepter nos défauts physiques (si on peut les appeler ainsi) alors qu’on ne peut pas les changer. Tout simplement parce que notre apparence est souvent trop importante, et bien que cela soit un effort légitime, et justifié (la vie semble plus aisée si l’on a une bonne apparence, c’est plus facile pour se faire accepter), on laisse moins passer les choses qui peuvent lui faire défaut. En général, due en partie à cela il semble qu’on a plus de mal à s’accepter sur le plan physique.

Mais ne l’oublions pas : lorsque l’on s’assume et que l’on se sent bien dans son corps et dans sa tête, les personnes autour de nous le ressentent positivement. Dans le domaine de la séduction, c’est un atout décisif car nous montrons de la confiance plutôt que des doutes (mais nous ne parlons pas de ça aujourd’hui).

Faites votre choix. En ce qui me concerne, il m’a fallu du temps pour m’accepter et ma vie a changé de manière drastique et positive le jour où je me suis accepté et où j’ai arrêté de me poser des questions sur mon physique.

On ne pourra pas être heureux, en voulant se nier perpétuellement. Et dans les relations aussi cela est impactant : si vous ne pouvez pas vous accepter, comment penser qu’une autre personne puisse le faire à votre place ? Vous manquerez alors, toujours de confiance en vous, et cela impacte grandement et de manière toxique une relation. Vous ne serez jamais vraiment à l’aise avec l’autre. Ou plutôt, comment voulez-vous vous sentir bien avec un autre, si vous n’arrivez déjà pas à bien vous sentir avec vous-même ?

Certes il est difficile d’être soi-même, mais il est essentiel de l’être pour être capable de se montrer pour pouvoir construire des relations sincères. Conscients de nos défauts et les acceptant, on arrête d’en faire trop, de prétendre ce que nous ne sommes pas. Alors on peut oser se montrer, oser montrer qui nous sommes vraiment, oser se montrer malgré ses défauts, et c’est en se montrant que l’on peut tisser des liens solides avec les autres.


2) Le mythe des relations

Nous pensons souvent que les relations sont une sorte d’apparat, de démonstration où nous montrons notre effort, pour collaborer avec des personnes qui sont les plus désirables de façon externe, et mesurable. Nous supposons que ceux qui présentent les plus hauts degrés d’attractivité, d’intelligence ou de richesse, sont ceux qui sont choisis en premier. Il y a ce vieil adage du « qui se ressemble s’assemble ». Ce sont ces personnes qui se trouvent en premier et collaborent « ensemble », comme s’il y avait une histoire d’ordre social par lequel nous serions choisis, et ce n’est pas sans dire que dans cette ligne sociale où nous nous trouvons, ceux qui sont les moins « précieux », sont ceux choisis en dernier.

Mais, le plus gros mythe que l’on porte avec cela, et qu’il faut déconstruire, c’est que : le fait de paraître ouvertement compatible avec quelqu’un ne signifie pas que vous aurez un amour « éternel » avec ce dernier, parce que les relations à vie ne sont pas fondées sur ces mesures.

Pour être digne d’amour, nous devons simplement nous montrer, nous montrer par amour.

Pensez à vos animaux de compagnie. Vous n’aimez pas votre chat parce que c’est le plus beau chat, ou parce qu’il a pleins d’amis de chat (c’est la même chose pour un chien).

chat persan au levé

Photo de mon chat avec ma sœur : il est joli non ?

Vous aimez votre chat, parce qu’il vient vous voir tous les jours. Il se montre et se frotte à vous pour des caresses de l’affection. Quoi qu’il arrive, nos animaux sont là pour nous et c’est ce genre de loyauté inébranlable qu’il est difficile de trouver.

Cela crée un lien, et l’expérience commune de cette vie de tous les jours passés ensemble devient le fondement de cette relation, au point même, où certains vont se mettre à considérer l’animal comme membre de leur famille.

Aussi dans les films, il y a une intrigue qui revient souvent : c’est l’histoire du jeune garçon, adolescent (ou de la jeune fille) qui est amoureux de la plus belle fille de son école (ou du garçon), et qui n’arrive pas à rentrer en relation avec cette personne, ou qui est ignoré par cette dernière, car il y a trop de différences dans leurs vies, d’un point de vue social ils sont trop éloignés. Il y a souvent dans ces films un contraste entre la personne, qui est « intégrée » (grands groupes d’amis, petit(e) ami(e)…), et le héros qui est « mal intégré » ou moins bien.

Vous voyez le genre de film dont je parle ?

Eh bien à la fin de la plupart d’entre eux, le héros et cette fameuse personne, finissent souvent par vivre une histoire d’amour, alors qu’au début cette personne mieux intégrée socialement n’était pas intéressée par notre héroïne.

Et ce qui semble marquer ce mouvement progressif dans leur relation vers l’amour (dans leur cas), c’est la révélation pour cette belle jeune fille (ou beau garçon), qu’en réalité les personnes de qui elle s’entoure ne sont pas vraiment là pour elle, mais que la personne qui est là depuis le début c’est notre héros. Il est là quand ça ne va pas pour cette personne, et peu à peu le souci de l’accepter par rapport à son niveau d’intégration sociale (la valeur dont je parlais tout à l’heure), n’en est plus un.

Le héros parvient à obtenir l’amour dont il rêve depuis le début car il s’est montré présent. Même quand il ne savait quoi trop dire au début (souvent timide), il était là depuis un long moment, et conscient de ces différences avec l’autre, il a simplement tenté d’être là pour l’autre bien qu’il ne soit pas parfait (il a mis ces défauts de côté quelques instants, les a acceptés). Effectivement, les films sont détachés de la réalité et embellissent ou modifient souvent cette dernière. Seulement il témoigne quand même d’une certaine part de vérité, sinon il ne pourrait que très rarement nous émouvoir comme ils le font.

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Photo by Huseyin Akuzum

Encore mieux, pour avoir un exemple encore plus proche de la réalité, pensez à la façon dont les enfants aiment leurs parents.

Simplement, vous n’aimiez pas votre mère quand vous étiez petit parce qu’elle ressemblait à un top model ou possédait une entreprise prospère. Vous ne l’aimiez pas non plus, parce qu’elle avait une maison parfaitement propre ou les plus beaux vêtements. Vous n’étiez même pas conscient de toutes ces choses. Vous aimiez votre mère parce qu’elle était simplement là pour vous et elle le montrait.

Bref, lorsqu’on était plus jeune, il y a tant de chose dont on n’était même pas conscient. On aimait sa mère parce qu’elle était simplement là pour nous, là pour nous consoler. Elle s’est présentée à vous, quand vous en aviez besoin.

Ahlala ! Quand j’y repense un peu, cette phrase sur les vêtements me fait beaucoup rire. Je remontais dans mes souvenirs, lorsque j’étais cette fois plus âgé et où elle pouvait porter des tenues, qui étaient… comment dire ? Je n’ai jamais pu en comprendre l’harmonie … Et en plus c’était à chaque fois qu’elle venait me chercher à l’école… Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose ce genre de moment ? Bref, Maman sache que je t’aime.

Aussi si vous avez une mauvaise relation avec un de vos parents, c’est peut-être parce qu’ils ne sont pas « venus » à vous…


Comprendre l’importance de partager /d’être là : pas de prétendre

C’est vraiment aussi simple que ça.

Sans aucune expérience partagée, sans se montrer, tout le reste que vous attribuez à l’amour et à la loyauté ne sont que des mots et des idées.

Vous pouvez dire que vous aimez quelqu’un, pourtant vous n’avez pas une vraie relation avec eux, si vous ne faites jamais rien avec eux. Vous pouvez appeler quelqu’un votre âme sœur. Pourtant, il est impossible de prétendre réellement que ce soit le cas si vous ne partagez pas des expériences positives ensemble, ou sinon votre relation ne pourra durer semble-t-il.

Les relations ne sont pas fondées sur ô combien nous sommes capables de convaincre les autres de notre perfection (sur à quel point nous sommes parfaits). Elles ne sont pas fondées sur notre capacité à prouver que nous sommes la meilleure option parmi les autres. Elles sont basées non pas sur ce qu’on vaut, mais sur ce qu’on est. Sommes-nous là ; présents pour l’autre personne ? A nous d’être capables de nous montrer. Les relations se construisent au quotidien, par les moments passés à faire des choses ensemble.


Arrête de prétendre des choses

Arrête de dire que tu tiens à ta famille, si tu prends le temps de la voir que quand ça te convient quelques fois par an.

Arrête de dire que tu cherches le grand amour, si tu te fais une liste de critères que la personne doit posséder (arrête d’estimer sa valeur).

Les trucs que tu te dis, du genre « Alors je cherche un partenaire qui soit « grand », ou « riche »… »  : l’amour n’a rien en commun avec une liste de courses de supermarché ! Et oh bon Dieu, ce n’est pas Tinder qui me contredira.

Arrête de te demander pourquoi tu ne te sens pas assez bien pour les autres, quand tu ne fais aucun effort pour construire une relation avec eux. (Une relation prend du temps)

Arrête de te demander pourquoi il n’y a rien de romantique dans ta relation amoureuse, lorsque tu ne partages pas d’expériences mutuelles qui soient positives, parce que tu es trop occupé à te battre avec cette personne.


Surtout arrête de vouloir croire qu’il faut être spécial, pour être aimé.

Tu ne dois pas forcément être attirant, ou riche pour plaire et être aimé. Accepte-toi comme tu es ! Regarde autour de toi, tu dois certainement connaitre des couples qui sont heureux ensemble et ce depuis de nombreuses années déjà : eh bien, lorsqu’ils se sont rencontrés ils n’étaient pas parfaits, et aujourd’hui ils ne le sont toujours pas !

Montre que tu peux être une personne sur qui on peut compter/ montre que tu es là

Les personnes de ces couples, se sont montrées l’un à l’autre, elles ont été présentes l’une pour l’autre, et peu importe si cela a été déclenché par l’attirance, les intérêts communs ou quoi que ce soit d’autre. Il l’on fait. Ce qui importe, c’est qu’en fin de compte, ils aient forgé un lien sur l’expérience de la vie passée ensemble. Ils ont fait un bout de chemin ensemble, et celui-ci est suffisamment grand pour qu’ils puissent s’attacher l’un à l’autre.

Ils ont fait des sacrifices, ils ont prouvé qu’ils étaient dignes de confiance, fiables, qu’ils étaient des personnes sur qui on pouvait se reposer en cas de besoin et, oui, qu’ils pouvaient donc aussi être appréciés et aimés (pour autre chose que ce qu’ils dégageaient extérieurement).


Abandonner ce faux savoir : On ne nous aime pas sur ô combien on est bon et fort, on nous aime pour ce qu’on est vraiment, pour ce qu’on montre par nos actions

Quand on devient un peu plus vieux, et un peu plus sage, on se rend compte que ce ne sont pas les personnes parfaites qui obtiennent le plus d’amour. Ce sont les gens qui se présentent au monde et osent se montrer malgré leurs imperfections, ce sont ces gens qui osent être là, qui forment des liens, des liens qui durent toute une vie.

Merci pour votre lecture ! Cia Ciao !


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