Savoir prendre le bon dans chaque chose dont vous faites l’expérience ! Et arrêter de se focaliser sur ce avec quoi on n’est pas d’accord.

Dans notre société cartésienne qui fait de la pensée la condition sine qua non de l’existence, nous sommes appelés à utiliser notre sens critique. Mais pour certains, cet exercice de l’esprit est devenu une manie : ils assènent des jugements à longueur de journée, “tirent sur tout ce qui bouge”. 

Autrement dit, d’un côté, on nous apprend, à l’école notamment, qu’il est bon de développer un esprit critique, mais d’un autre côté la critique est devenue une habitude parfois vilaine. Pourquoi cette hargne ? Comment ne pas confondre les deux ? 

Je ne répondrai pas à cette question car la réponse est multiple et n’est pas ce dont je veux parler. Seulement faire remarquer, à quel point nous critiquons les autres. Critiquer est l’une des choses les plus faciles à faire, à tel point que c’est un réflexe pour certains lorsqu’il s’agit de parler d’une personne, de dire ce qu’on pense ce qu’elle dit, etc. Et l’on commence toujours, et parfois seulement par dire ce sur quoi l’on n’est pas d’accord. Bref, on tend à faire une remarque négative.

Or, critiquer, et à s’y méprendre, ce n’est pas ça. La critique est un examen raisonné, objectif, qui s’attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur (source cnrtl). Malheureusement, on a tendance à faire passer notre jugement de valeur avant l’étape d’un examen raisonné.

Alors comment faire autrement ? Comment aborder ce que dit l’autre d’une façon plus correcte ? Comment sortir un peu de ce jugement rapide ? Comment être moins critique ? Ou plutôt meilleur critique ? 

L’un des moyens simples serait de trouver des points communs ou biens tenter de ressortir ce qui peut nous intéresser chez l’autre. Trouver des points communs avec une nouvelle personne est un excellent moyen de vous empêcher de la juger. Mais nous n’allons pas parler de ça maintenant. J’aimerais vous parler d’une posture à essayer d’adopter lorsque de nouvelles choses se présentent à vous, et que vous rejetez presque automatiquement, que ce soit une astuce qu’un copain vous donne, une technique formidable que vous lisez dans un livre…

Le problème n’est pas tant dans le fait de juger et de critiquer ce qui vous est dit, mais plutôt la façon dont on le fait. La posture rigide sur laquelle on se tient si souvent, ne peut pas nous permettre de progresser. Il semble que parfois l’on manque d’un peu d’ouverture, pour être apte à écouter vraiment ce qu’autrui nous dit. Cela dit, critiquer et douter de la personne en face de soi, ou plutôt de ce qu’elle nous dit c’est l’essence même du sceptique. J’aimerais ici aborder l’importance du scepticisme. 

Petite parenthèse historique :

Dans le sens ordinaire quelqu’un de sceptique, c’est quelqu’un qui ne croit pas immédiatement à tout ce qu’on lui dit, qui reste indécis dans ses opinions. Ce terme nous vient d’un courant philosophique antique, qui était un projet de recherche autour de la question « que pouvons-nous savoir ? », en répondant que nous ne pouvions pas savoir, savoir dans le sens d’être certain d’une chose.

Ce projet de recherche a pour mérite de sortir d’une pensée dogmatique affirmant qu’une chose est vraie, car on le pense, et de construire par la suite des connaissances rationnelles sur cela. Elle va tendre à montrer qu’il n’y a pas, plus de raison de croire qu’une chose est vraie ou bien qu’elle soit fausse. En émettant ainsi ces doutes sur les vérités, le philosophe tend à suspendre tout jugement. En retirant son jugement, alors il peut viser un état appelé l’ataraxie, caractérisé par l’absence de troubles (une sorte de bonheur suprême).

Voici une vidéo qui va t’expliquer plus longuement la chose. 

            Alors pourquoi vous raconter tout ça ? 

D’une part pour vous montrer que ce concept a bien évolué, et que l’on peut tirer une leçon de cela. Si on compare notre tendance à trop juger, à celle de ces philosophes à suspendre leurs jugements, on peut trouver de l’absurdité des deux côtés. Ainsi de nos jours qu’il soit trop existant ou inexistant, le jugement peut très vite être un vice ou un outil grandement utile dont on refuse de se servir. Alors ce que l’on peut tirer de cela c’est qu’il faut tenter de trouver un équilibre dans l’importance que l’on accorde au jugement. On ne peut s’en pas passer, mais pas non plus tout voir par celui-ci.

Mais surtout, d’autre part pour vous montrer que le scepticisme même si sous sa forme « extrême » semble absurde, celui-ci visait une progression dans l’art de vivre mieux avec soi-même. L’ataraxie était la forme de bonheur que ces derniers cherchaient. Or, mieux vivre avec soi-même, c’est aussi cela dont il est question dans le blog et au travers de cet article.

Le scepticisme aujourd’hui c’est quoi alors ? Et comment s’inspirer de la sagesse des anciens ?

Tout d’abord être sceptique est une bonne chose et évite d’être incrédule et naïf face à la quantité d’informations que l’on perçoit. Nous sommes confrontés à tant de médias, tant de données, que notre cerveau a pris pour habitude, par gain de temps, de faire confiance à la majorité d’entre eux, pour peu qu’ils proviennent d’une source que nous jugeons « fiable ». Mais qu’est-ce qu’une source fiable ? Le « 13 heures » de France 2 ? Le Nouvel Observateur ? Charlie Hebdo ? Le Monde ? RTL ? Le blog du voisin (ahah) ? Wikipédia ? Cette difficile, voire impossible identification nous renvoie à la première tâche du penseur critique : vérifier la source de l’information. Mais quand le nombre de nouvelles, de scoops, d’études, atteint un seuil critique, le temps passé à vouloir tout examiner dépasse de loin l’âge de l’Univers. L’analyse se fait alors moins souvent et moins bien, l’impression prend la place du jugement éclairé (c’est-à-dire d’un examen raisonné). Je vous encourage tous, lorsque vous entendez ou que vous lisez quelque chose à vous questionner dessus, à réfléchir attentivement sur ce qui est dit pour éviter certains travers.

Alors vous en pensez quoi :
Je dis la vérité ?

Il existe aujourd’hui deux types de sceptiques, le bon et le mauvais, et au contraire du chasseur, il y a ici une différence ! (C’est la dénomination qu’utilise Olivier Roland, dans son livre, Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études). Et c’est d’ailleurs par cette posture de sceptique que je vous propose une méthode pour faire le tri dans certaines informations, notamment les solutions « miracle » (vraies ou fausses) que l’on peut se voir proposer parfois.

Trop douter ou mal le faire ? 

Douter comme on vient de le souligner, n’est pas le problème et chacun a le droit de douter d’une chose qu’un autre accepte directement, il n’y a pas de comportement à suivre par rapport à cela. Mais il faut se concentrer sur l’influence qu’a ce doute sur notre comportement car bien souvent ce doute amène systématiquement un refus de l’information donnée et ainsi on ne prend aucune action par rapport à cela. Seulement et c’est là qu’on devient le mauvais sceptique, c’est lorsque l’on devient « trop critique », et que l’on se met à suivre ces opinions toutes faites. Trop critique car le doute nous empêche, nous handicape pour changer la moindre chose chez nous, cela devient l’excuse pour ne pas faire.  

bon ou mauvais chasseur ?
  • Les mauvais sceptiques

Quand ils découvrent quelque chose de nouveau qui les intéresse potentiellement, les mauvais sceptiques vont dire « oh mais c’est n’importe quoi » ou « ce n’est pas pour moi » ou carrément « c’est de l’arnaque ! ». Et ils vont en rester en-là.

  • Les bons sceptiques

Les bons sceptiques eux vont aussi se dire “oh mais ça a l’air d’être n’importe quoi” ou “est-ce vraiment pour moi ?” ou carrément “on dirait de l’arnaque !”…
Mais ils vont aussi se dire : “il n’y a qu’une manière d’en être sûr : essayer pour voir si ça fonctionne pour moi”.

Au final, le raisonnement à avoir est peut-être de se demander : au fond, qu’est-ce que cela requiert comme efforts de faire cette chose ? En général pas grand-chose, hormis un peu de temps (voire pas d’ailleurs) et de bonne volonté, nous n’avons donc pas grand-chose à y perdre. 

La question qui suit doit être : comment mettre en place un test rapidement pour voir si cela fonctionne ?

Ici, on cherche un moyen de tester l’idée ou la méthode rapidement, quelquefois il s’agit simplement d’essayer cette dernière, mais il est encore plus intéressant de trouver un moyen de comparaison avec la méthode que l’on utilise habituellement ou ce que l’on fait à la place de cela. 

D’ailleurs Olivier va donner un exemple intéressant d’un tel comportement : celui de Warren Buffet qui a passé 50% de son temps à tester les méthodes d’un livre pour se faire des amis, et l’autre moitié du temps à être normal, c’est-à-dire une personne assez introvertie.  Il a voulu faire cela afin de juger avec plus d’acuité, si ces méthodes étaient vraiment bonnes. Pour lui le résultat fut sans appel et lui permit de comprendre à quel point ces méthodes décrites dans le livre fonctionnaient. Il tenta alors de les mettre en place quotidiennement sachant leurs efficacités. 

Alors je vous invite au lieu de rester simplement dubitatif et ne rien faire, de passer à l’action pour vérifier cela. 

Mais pour savoir retirer cette expérience de la chose il faut avant tout savoir être attentif à ce que l’autre propose et donc ne pas rentrer dans la critique directement. C’est en un sens ce que nous pousse aussi à faire Miguel et José Ruiz dans le livre du 5eme accord toltèque, qui vient à la suite des accords présentés précédemment. Celui-ci nous dit soyez sceptique, mais sachez écouter !

(image des 5 accords dans photos article 2)

Pourquoi je vous dis tout ça ? 

Avant j’étais énormément dans la critique néfaste et dans la réaction à tout ce qui pouvait m’entourer. Sans pour autant le dire à l’autre, c’était néanmoins la chose à laquelle je pensais. J’étais sceptique au mauvais sens du terme ! Je le suis toujours un peu d’ailleurs car il est pratiquement impossible de se détacher totalement de cette facette, semble-t-il. Seulement avant, c’était la seule chose que j’avais en tête. Or, si l’on ne voit la personne ou ce qui nous est dit, seulement par le prisme du négatif, ce n’est en général pas très bon. Et le pire c’est qu’on ne s’en rend même pas compte parfois.

Par exemple lorsque quelqu’un nous apporte une solution à l’un de nos problèmes, alors on ne donne jamais notre accord à celle-ci. Non pas qu’elle ne soit pas bonne, simplement car elle n’est pas parfaite (comme à peu près tout), et que cela implique aussi un changement. Or cette solution bien sûr qu’elle n’est pas parfaite, et oui elle a des défauts, mais est-elle vraiment moins bien que ce que l’on pratique à l’heure actuelle ? Telle est la question. Si l’on est uniquement capable de penser aux défauts, alors jamais on ne pourra se rendre compte que cela est tout de même meilleur que ce que nous avons là. On est simplement dans le refus et on en oublie de viser le progrès, ou l’amélioration. 

Je me demande beaucoup si cela ne viendrait pas encore d’un problème d’ego ou de fierté, appelez ça comme vous voulez, cela étant on n’a pas toujours envie de recevoir de l’aide (par fierté de savoir se débrouiller tout seul ?), et il devient plus facile de critiquer l’autre que de dire que l’on ne souhaite pas d’aide. Au final, souvent ce qu’on veut c’est se plaindre et on ne veut pas de conseils, juste quelqu’un pour nous écouter mais on ne sait pas le dire. Et c’est donc le drame lorsque celui qui nous écoute en vient à nous proposer une solution à notre problème et non l’écoute ou l’empathie que l’on veut obtenir. Et c’est ça qui nous met le plus en rogne et on en oublie ainsi d’analyser clairement ce que nous dit l’autre. Au fond, on aime trouver nos solutions tout seul et pour aller mieux parfois, on aime juste entendre que l’on n’est pas si différent, ou bien que l’on fait face aux mêmes problèmes que l’autre.

« Parler est un besoin, écouter est un talent » Goethe.

Alors aujourd’hui j’ai beau parfois avoir ce mauvais réflexe du mauvais sceptique, j’arrive aussi à me focaliser sur le bon dans chaque expérience. Et voir ce qu’il y a de bon dans ce que dit l’autre, et non pas uniquement le mauvais côté, est une bénédiction. Le plus je suis efforcé de le faire le plus j’ai progressé car je me suis aussi rendu compte que certains étaient de très bons conseils (chose que j’avais du mal à reconnaître auparavant). 

En bref, cette nouvelle chose sur laquelle se concentrer peut nous apporter bien plus de progrès, que de refuser systématiquement toutes les choses sous prétexte qu’il faut savoir se montrer sceptique. Il y a le mauvais sceptique, qui fait cela, il voit les discordances partout, et se cache derrière l’excuse qu’il ne faut pas tout croire, raison pour laquelle il ne croit plus rien… Le bon sceptique, lui, sait avant tout écouter, bien qu’il garde son esprit critique. Il recherche avant tout à ne pas laisser passer une occasion de pouvoir avancer vers sa quête de progrès, de bonheur, quel que soit son but il cherche à avancer vers celui-ci et même s’il aimerait s’en sortir seul, il reste suffisamment ouvert et à l’écoute de ce que l’autre pourrait lui apporter. C’est par l’écoute sincère que je peux progresser avec les autres et avec moi-même. 

En soit être bon sceptique ne veut pas dire oui à tout et arrêter d’être critique, au contraire, il s’agit d’être meilleur critique vis à vis de ce que l’on nous propose. Au lieu de suivre un simple jugement, on procède à une analyse raisonnée, car on prend le temps d’écouter et d’imaginer ce que cela donnerait si…ou si… Et donc si vous vous souvenez de la définition de “critiquer” que l’on a donnée en début d’article, cela donne lieu à une critique meilleure. 

Récapitulatif :

Critiquer encore et toujours sans analyse est mauvais, le simple jugement n’est pas suffisant pour critiquer. Et ce jugement trop direct nous empêche parfois de profiter de progrès considérables vers notre but, seulement parce qu’on est incapable d’écouter l’autre. 

N’oubliez jamais que qui que vous soyez et qui que vous ayez en face de vous, cette personne est meilleure que vous, ou en sait plus que vous sur un domaine (que ce soit sur une discipline, une activité, un sport…). En un sens vous pouvez toujours apprendre de l’autre et c’est pourquoi il faut absolument savoir écouter.  

Avoir cette attitude du bon sceptique m’a appris à mieux vivre avec moi-même, m’autorisant ce réflexe du jugement au prix de me forcer à tenter de voir plus loin que juste le négatif. M’autoriser à douter et ne pas être d’accord mais m’appeler à en faire l’expérience et me dire que cela était finalement, la seule condition pour que je puisse trancher dans bien des cas si ce qui m’était proposé était vrai ou faux (bon ou mauvais pour moi). 

Ce fut l’une des choses, une technique parmi plusieurs, m’ayant permis un changement de paradigme. De celui qui ne voit que le négatif, à celui qui voit le négatif mais aussi et surtout le bon. Et le bon dans ce cas est la possibilité de tenter quelque chose pour s’améliorer. 

Le bon sceptique tente de mettre en œuvre rapidement, de tester les idées intéressantes qui lui sont proposées. 

  • Les bons sceptiques : le doute mais l’action

Les bons sceptiques vont se questionner et douter de l’efficacité de ce qui leur est rapporté. Mais ils vont aussi chercher une manière simple de tester cela et la différence est énorme.

« Dans le doute, abstiens-toi. » (de jugement trop direct…) Pythagore

Alors que le mauvais sceptique :

  • Les mauvais sceptiques : ne rien faire

Quand ils découvrent quelque chose de nouveau qui les intéresse potentiellement, les mauvais sceptiques vont refuser par n’importe quelle excuse qui semble valable et ils vont en rester en-là.

A bientôt et merci pour votre lecture !

Extra :

Comme on l’a souvent répété, on a tendance à trop critiquer en se basant sur le jugement. On doute un peu de tout et on ne fait plus vraiment confiance à n’importe quelle idée nouvelle, ne faisant pas partie de ce que l’on a déjà pu imaginer. Une idée qui ne fait donc pas partie de notre conception du monde. Vous vous souvenez dans l’article précèdent, on parlait du fait que chacun avait sa vision du monde. Sinon je vous invite à relire le paragraphe du 2eme accord toltèque qui parle de ça.

lien de l’article:

Ainsi, la confrontation de deux visions différentes du monde peut aussi expliquer certaines difficultés d’entente avec autrui, et le refus. ….

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